Essai sur l’hexagone

I.

Qu’on remplisse un vaisseau de pois, ou plutôt de quelque autre graine cylindrique, et qu’on le ferme exactement, après y avoir versé autant d’eau que les intervalles qui restent entre ces graines peuvent en recevoir ; qu’on fasse bouillir cette eau, tous ces cylindres deviendront autant de colonnes à six pans. On en voit clairement la raison qui est purement mécanique : chaque graine dont la figure est cylindrique tend par son renflement, à occuper le plus d’espace possible dans un espace donné ; elles deviennent donc toutes nécessairement hexagones par la compression réciproque. Chaque abeille cherche à occuper le plus d’espace possible dans un espace donné ; il est donc nécessaire aussi, puisque le corps des abeilles est cylindrique, que leurs cellules soient hexagones par la même raison des obstacles réciproques.

Buffon, Discours sur la nature des animaux

Car le monde des abeilles est peuplé de fantômes, plus étranges que les nôtres, et mainte espèce a ainsi une sorte de double mystérieux et inactif, exactement pareil à la victime qu’il choisit, à cela près que sa paresse immémoriale lui a fait perdre un à un tous ses instruments de travail et qu’il ne peut plus subsister qu’aux dépens du type laborieux de sa race *.

*« On est obligé d’admettre, dit fort justement J. Perez à propos de l’identité fréquente du parasite et de sa victime, que les deux genres ne sont que deux formes d’un même type, et sont unis entre eux par la plus étroite affinité. Pour les naturalistes qui adhèrent à la doctrine du transformisme, cette parenté n’est pas purement idéale, elle est réelle. Le genre parasite ne serait qu’une lignée issue du genre récoltant, et ayant perdu les organes de récolte par suite de son adaptation à la vie parasitique. »

Maeterlinck, La Vie des abeilles

 

II.

Si sur ma lèvre un murmure sacré,
Comme un doux chant d’abeille qui butine,
Trois fois ramène un vers de Lamartine,
Et qu’en mon cœur une corde ait vibré ;
Oh ! c’en est fait ; après tant de silence
Je veux chanter à mon tour ; je m’élance,
Les yeux au ciel et les ailes au vent,
Et me voilà rimeur comme devant.

Sainte-Beuve, « Mes livres »

Du fruit, du dattier et de la vigne, ne formez-vous pas une liqueur enivrante, ou un aliment sain ? Ce sont des signes pour ceux qui entendent.
Dieu a inspiré à l’abeille de se construire une maison sur les montagnes, dans les arbres, et d’habiter celle que l’homme lui bâtit ;
De se nourrir de tous les fruits, et d’errer à son gré. L’abeille tire de son sein une substance liquide, diversement colorée, et salutaire aux hommes : signe frappant pour ceux qui réfléchissent.

Koran, sourate 16 « Les Abeilles »

 

III.

Si sur la terrasse
Je pense à sauter
L’ebbe de la race
Veille à radoter

Un seul être vous
Manque et tout est dé
Peuplé de toux de
Quintes érodé

La mer me rentrant
Quille à l’horizon
J’espère en l’autan
L’erre à ma raison

J’irai sans la terre
À l’axe et verrai
Si se réitère
À l’eau d’un seul rai

La ramille neuve
Sous l’oiseau arqué
Sinon l’espoir preuve
Du sol terraqué

Qu’importe le sol
Je n’attends des jours
Rien ni de l’atoll
Promis hier séjour

Avette sans nef
Je m’élancerai ligne
Avant avril
Le soleil au chef
Et ferai vin de vigne
De tout baril.

 

William Kels

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