Ultime confinement

Jour 975

« Comme vous voyez, dans mon salon, il n’y a que 4 murs blancs » (*)
Je n’ai plus de mémoire
Plus même une seule idée noire
Pour habiller mes nuits sans sommeil
À chaque instant, je veille
J’observe mes absences
Et cajole le silence
Qui êtes-vous ?
Que voulez-vous?
Vous ne dites… rien ?
Êtes-vous encore un de mes songes éphémères
Qui bientôt s’effilochent sans marquer de repères ?
Particules nucléaires
Sans odeurs ni couleur
Qui me parlera?
De… ce que je suis, ce que j’étais ?
Est-ce que seulement j’aimais ?
Mes mains ont-elles, un jour, touché la texture d’une peau
Dont les grains se dressent au gré de gémissements… si beaux ?
Ce frisson dont le manque me lacère le bas du dos
Trace une ligne d’eau
Qui pleure le long du grand mur blanc

CatMat

(*) Fahrenheint 451 de Ray Bradbury